Lu dans "le Télégramme " du lundi 8 mai 2000

Le combat perdu de la maison empoisonnée

Le coup est rude pour Georges Mear et la facture particulièrement salée. Depuis dix ans, il tente de faire reconnaître le lien entre ses troubles de santé et les produits de traitement des panneaux de bois de sa maison. Mais la cour d'appel de Rennes vient de le débouter le 13 avril.

« Je préfère arrêter là les frais, Je ne tenterai pas un pourvoi en cassation, la facture est trop importante, aux alentours de 500.000 F, et je ne compte pas les travaux que je dois réaliser maintenant pour supprimer les bois traités de ma maison. Après neuf années de procédure, nous venons d'être déboutés d'une manière que je considère des plus injustes de nos demandes de réparation ».

Des troubles de santé

Le 13 avril dernier, la cour d'appel de Rennes rendait son arrêt dans l'affaire de la maison empoisonnée. Une construction brestoise contemporaine de 1988-1989 faisant appel à des matériaux originaux, notamment de nombreux bois traités.

« J'avais fait appel de la décision du tribunal de grande instance de Brest qui reconnaissait une malfaçon de la ventilation, mais qui n'avait pas retenu le lien de causalité entre nos troubles et les produits se dégageant des panneaux de bois: formaldéhydes, lindane et toluène. Tous ces produits étaient renvoyés des combles vers l'intérieur de la maison par cette ventilation ».

Après l'emménagement, le couple souffre rapidement de rhinites à répétition, d'une fatigue générale, de troubles du sommeil... Les problèmes sont plus marqués chez Mme Mear qui souffre aussi d'une baisse des globules blancs et de pertes de cheveux. Il est vrai qu'elle est présente en permanence dans la maison, tandis que M. Mear, commandant de bord à Air France, s'absente souvent.

« Nous avons tous deux été sensibilisés aux formaldéhydes que l'on retrouve dans de nombreux produits actuels. Chaque fois que je suis en contact avec un tel produit, j'ai les yeux et le nez qui piquent et un malaise général. Mais aujourd'hui la pollution à l'intérieur des maisons n'est absolument pas reconnue. Je me suis livré à une bataille du pot de terre contre le pot de fer ».

Un coût élevé

Pour étayer ses arguments, Georges Mear a passé tout son temps libre à rechercher des informations, à contacter des spécialistes aux quatre coins de la France et à solliciter des experts. « Quelques expertises chimiques m'ont coûté 70.000 F », souligne-t-il.

De plus, si la cour d'appel lui a octroyé 30.000 F, soit 5.000 F de moins que le tribunal de grande instance de Brest pour la ventilation défectueuse, elle l'a aussi condamné à verser 58.000 F à une entreprise, représentant le solde d'un marché et 60.000 F aux parties adverses.

«Nos arguments scientifiques n'ont pas été entendus, La cour s'est basée sur un unique rapport d'expert qui a été remis en cause par d'éminents spécialistes, J'en conclus aujourd'hui que la lutte individuelle est impossible ».

Si Georges Mear abandonne la bataille sur le terrain judiciaire, il n'en reste pas moins déterminé à informer des pollutions domestiques. Ainsi a-t-il créé un site Internet particulièrement fourni qui vient d'ailleurs d'être récompensé par un net d'or de France Télécom.

Catherine Le Guen

Adresse du site: http ://perso. wanadoo.fr/la,maison.empoisonnee/

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