Réponses de l'expert Gérault à notre Dire n° 1

 

REPONSES AU DIRE N°1

de Maître GOURLAOUEN en date du 4 février 1998.

 

1. Sur la mission.

Procéder à toutes analyses utiles des élémernts équipant l' habitation deMonsieur et Madame MEAR.

Nous ne voyons pas l'intérêt, ni l'utilité, d'analyser un panneau de particules de bois pour y rechercher du Formaldéhyde puisqu il y en a assurément, ce matériau étant à base de résines urée forrnaldéhyde ! Les émissions de Formaldéhyde inévitables au début et les moyens de les diminuer sont décrites dans notre rapport. Par ailleurs nous n'avons pu trouver aucun texte ni en France ni à l'étranger interdisant ou limitant leur usage. A titre indicatif les autorités Fédérales américaines considèrent qu'il n'y a pas lieu de légiférer, chaque individu étant libre d'utiliser ou non ces matériaux car pour le moment il n'a pas été prouvé de manière indiscutable que cela pouvait nuire à la santé (les seuis troubles retenus sont assimilés à des troubles de confort qui sont donc subjectifs).

2. Sur les méthodes de dosage.

La méthode de dosage n'est nullement mise en cause, si elle n'est pas parfaite (il n'existe pas de méthode parfaite) sa sensibilité et sa précision sont suffisantes pour des mesures ponctuelles. Par contre la méthodologie dans son ensemble ne donne pas satisfaction, la concentration du Formaldéhyde dans une atmosphère étant sous la dépendance de trop de facteurs et seule une concentration moyenne sur une longue période est utile pour une étude épidémiologique. (Voir le rapport pour les détails). Le groupe ad-hoc de I'Union Européenne et l'EPA aux U.S.A. sont d'accord sur ce sujet, à savoir qu'il faut d'abord mettre au point une méthodologie pour pouvoir réaliser des études épidémiologiques et tirer des conclusions sur la toxicité éventuelle du Formaldéhyde. Depuis le 19 mars 1998 l'E.P.A. ne met plus en avant les dosages de la concentration de Formaldéhyde dans les atmosphères des maisons en raison de ces problèmes. Elle ajoute également qu'il n'y a pas toujours de rapport entre les concentrations mesurées et les plaintes des occupants ce qui prouve que la teneur en Formaldéhyde ne peut étre tenue pour seule responsable des plaintes de « confort ».

 

3. Sur les pièces jointes aux dires.

3.2.1. Le document de la Préfecture de Police prouve à l'évidence qu'il ne s'agit pas d'un pic puisque la légende du tableau précise: « Moyennes mobiles d'équivalent formaldéhycle exprimées en ,ugm-3 » Ces valeurs varient de 12 à 21 µg.m-3 soit 0.01 à 0.017 ppm. Aux U.S.A. on admet une valeur moyernne de 0.03 ppm pour 1'air extérieur.

3.2.2. Cet arrêté du 8 mai 1988 est intéressant car il précise les modalités de la mesure de la concentration en Formaldéhyde (et en particulier précise que c'est la différence entre le taux de base et la concentration mesurée qui compte) mais il ne s'applique pas au cas présent (panneau de particules !) car selon son intitulé il est « relatif à la teneur maximale en Formaldéhyde provenant de l'injection des mousses urée formol dans les locaux à usage d'habitation. . ». La valeur de 0,2 ppm (obtenue par différence) ne peut donc être retenue ici car elle ne vise qu'à vérifier que les


mousses,utilisées sont réglementaires et n'émettent pas de Formaldéhyde en quantités excessives, ce qui était le cas des résines antérieures.

La valeur de 199 µg trouvée dans la salle de bain est contestable et ne peut être retenue comme significative car les conditions de prélèvement étaient anormales (température trop élevée, pas de ventilation, fenêtres fermées depuis trois jours) voir le rapport à ce sujet et la tentative de correction en fonction de la température.

3.3. Sur les émissions actuelles de Formaldéhyde dans l'habitation des époux MEAR.

Il n'est pas étonnant que les panneaux de particules continuent à dégager du Formaldéhyde, car comme il l'a déjà été dit ils en contiennent de par leur procédé de fabrication. Nous ferons toutefois remarquer que les conditions d'une chambre d'essai destinée à mettre en évidence les émissions de Formaldéhyde ne sont pas celles habituelles d'une habitation en particulier au niveau des conditions physiques de température, de ventilation locale, d'hygrométrie etc. De plus dans une habitation ces panneaux n'émettent pas par toutes leurs faces: certaines sont contre un mur ou sont plaquées ou peintes ce qui est le cas le plus habituel. Il est donc hasardeux et absolument pas scientifique de supposer que ces émissions potentielles obtenues dans des conditions expérimentales puissent engendrer des concentrations éventuellement élevée en Formaldéhyde dans une atmosphère.

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