Lu dans le Particulier Pratique. N° 244 Février 2000

Nos maisons sont polluées

L'air intérieur souvent toxique

Après l'ère de l'isolation coûte que coûte, arrive celle de l'aération sauve qui peut. L'air intérieur peut rendre malade. A nous de faire attention au choix des matériaux.

 

A Rouen, une étude vient de révéler des concentrations de benzène plus importantes à l'intérieur des habitations qu 'à l 'extérieur, sans que l'on puisse en discerner clairement les causes. Cet hydrocarbure est reconnu cancérogène, et certains chercheurs ne sont pas loin de corréler l'augmentation des cas de leucémie chez l'enfant dans les pays industrialisés avec le développement des émissions de benzène liées à la circulation automobile. L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) estime que ce polluant est responsable en France de cent soixante-dix cas de leucémie et lymphome. Les recherches commencent.

Alors que toute l'attention se porte sur la pollution de l'air extérieur, I'air intérieur intoxique sourdement. Une multitude de polluants, plus concentrés dans un espace clos, sont accusés de rendre malade, et particulièrement les enfants. Deux explications sont avancées: la multiplication des sources potentielles de pollution avec l'apparition de nouveaux matériaux, conjuguée aux conséquences de la crise pétrolière, qui a conduit à calfeutrer, isoler tous azimuts sans se soucier assez de la ventilation. Pourtant, la pollution de l'air intérieur est simple à résoudre. Il suffit d'aérer, ventiler, ouvrir ses fenêtres, ne pas colmater les bouches d'aération. La pollution extérieure, elle, reste fatalement subie.

A l'étranger, cette question n'a rien de nouveau. Le premier symposium de l'Organisation mondiale de la santé consacré au climat intérieur remonte à 1978. Ainsi, aux Etats-Unis, l'Agence de protection de l'environnement (APE) a été chargée de passer au crible cent quatre-vingt-neuf polluants aériens. Les pays les plus avancés en ce domaine sont ceux qui ont été confrontés à des problèmes climatiques résolus par l'isolation et la climatisation, soit les Etats-Unis, le Canada et les pays nordiques. La France est restée à l'écart. C'est donc outreAtlantique principalement que les scientifiques de l'Hexagone vont chercher des études qui se sont accumulées sur ces questions et dans lesquelles on parle très sérieusement d'une nouvelle pathologie: MCS (multiple chemical sensivity), la "sensibilisation chimique multiple", qui se traduit par une série de troubles parfaitement répertoriés, maux de tête, vertiges, fatigue chronique, problèmes digestifs, irritations des yeux, dépression, pertes de mémoire, rhinites, saignements de nez, asthme, toux, douleurs articulaires... Des pathologies qui peuvent en fonction du type d'exposition et de polluants aller de la simple gêne quotidienne au cancer. L'Allemagne nous a aussi largement devancé sur cette question. "Une spécialisation en médecine environnementale est apparue outreRhin, il y a déjà une dizaine d'années [...]. Dans le Land du Bade-Wurtemberg, on compte deux cents médecins exerçant cette spécialité, alors qu'en France, I'expression même de médecin environnemental est encore inconnue ou presque ", écrit André Aschieri, auteur de La France toxique (1). Dans ce livre, où le député des Alpes-Maritimes fait part des difficultés rencontrées pour mener à bien le rapport parlementaire commandé par Lionel Jospin concernant les effets de l'environnement sur la santé, il ne prend guère de gants pour dénoncer la politique de l'autruche française, en rappelant un passé peu glorieux: la France a ainsi attendu le 7 août 1997 pour interdire certains éthers de glycol (voir LPP n° 242) qui avaient été reconnus officiellement toxiques par l'Union européenne quatre ans auparavant. De même, au début de l'affaire de l'amiante, l'Institut national de recherche et de sécurité soutiendra la position des industriels qui niaient tout danger pour la population et entendaient poursuivre le commerce des fibres. Le député se fait le porte-parole de beaucoup de scientifiques qui depuis longtemps constatent qu'il n'existe pas de lieu équipé pour faire sérieusement de l'évaluation des risques en France. Les différents organismes chargés de sécurité sanitaire, Inserm, CNRS, CNEVA, Inra, INRS, Ineris,Drire... travaillent en ordre dispersé.

"Ce travail de recueil et de synthèse des connaissances, d'animation de l'expertise collective, et finalement de quantifcation du risque et de l'incertitude demande des moyens que nous n'avons pas. Ce pourrait être le travail d'une agence qui reste à créer", suggère ainsi Denis Démon, épidémiologiste à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Mais l'idée fait son chemin, et la création d'un Institut de veille environnementale rattaché au ministère de l'Environnement est en réflexion. Le 8 septembre dernier, le conseil des ministres a cette fois confié officiellement au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) le soin de constituer un observatoire de la qualité de l'air intérieur, qui devrait être opérationnel en 2001. Projet en suspens depuis des années. Le champ de la recherche demeure immense: dix-huit millions de molécules chimiques dans les cartons des industriels, une centaine de milliers distribués sur le marché, et des tests réalisés sur un centième seulement ! Le métier de toxicologue semble promis à un bel avenir.

 

Réveil français

 

"Tout un travail de mesures reste à entreprendre pour fixer les seuils de toxicité des polluants que nous connaissons. Nous vivons aujourd 'hui une époque charnière", résume Christian Cochet, chef de division santé bâtiment au CSTB. L'objectif du nouvel observatoire fixé par le secrétariat au Logement est de mieux connaître l'évolution et la concentration des polluants présents et d'orienter des programmes d'enquêtes épidémiologiques. Oxydes d'azote, monoxyde de carbone, formaldéhyde, benzène et autres composés organiques volatils (COV) forment le cortège de tête des polluants mis en examen.

Jusqu'ici, les connaissances se sont limitées aux effets de ces substances en milieu professionnel. Le CSTB doit explorer les conséquences en grandeur nature. Pour ce faire, une maison expérimentale est en cours de construction à Champs-sur-Marne. Achevé au printemps prochain, cet habitat laboratoire aux dimensions de celui de monsieur Tout-le-monde, totalement automatisé, permettra aussi une observation de la circulation de l'air. Les systèmes de ventilation intérieur vont être étudiés de près, un domaine sous-investi jusque-là.

Par ailleurs, les informations inscrites sur les étiquettes des produits et matériaux de construction, bricolage, ameublement - notamment sur l'évolution dans le temps, leur impact sur l'environnement et la santé - doivent également être améliorées. Un groupe Environnement et santé participe désormais à la commission de normalisation de l'Afnor mais aussi à la commission chargée de délivrer les avis techniques pour les premières mises sur le marché. Enfin, pour faciliter l'acte d'achat des consommateurs, les labels environnementaux se multiplieront dans les prochaines années, sur le modèle du commerce scandinave et allemand où, face à la pression conjuguée du grand public et de la distribution, les industriels n'ont pas eu d'autre choix que de plier. Les fabricants de moquettes ont déjà créé un label européen GUT garantissant la non - émi ssion de COV cancérigènes, encore très discret sur le marché français.

Parmi les nombreuses substances toxiques que nous resspirons, les formaldéhydes sont celles les plus présentes dans notre environnement domestique: isolants à base de laine de roche ou de verre, peinture à l'eau, vernis, produits de ménage peuvent en contenir.

 

Funestes COV

Linos, moquettes, parquets vernis, peintures, panneaux de bois peuvent renfermer du poison: benzène, aldéhydes, toluène, xylène, trichloréthylène, pentachlorophénol, lindane... regroupés sous le nom de COV, composés organiques volatils. L'un des plus courants et des plus toxiques est le formaldéhyde. Une importante augmentation de cas de cancer nasal est induite chez des rats soumis à de fortes concentrations. Pour l'homme, l'agent est classé"probablement cancérigène". L'exposition, même de courte durée, peut produire des gênes respiratoires, particulièrement chez l'enfant. Cette substance a une odeur piquante qui se détecte même à basse concentration. On la trouve en assez faible quantité dans l'air extérieur, mais à plus forte dose dans les habitations qui font la part belle aux bois agglomérés et contreplaqués (étagères, meubles de cuisine...) et dont les résines en sont saturées. Mais les peintures à l'eau en contiennent aussi, les produits d'entretien pour sols, les tissus d'ameublement comme les rideaux, ainsi que la laine de verre et de roche, les mousses isolantes uréeformol utilisées en injection dans les murs et cloisons.

Les mousses urée-formol sont d'ailleurs formellement interdites aux Etats-Unis dans les mobile homes, et réglementées en France depuis 1988. La règle étant qu'elles ne doivent pas augmenter de plus de 230 µg/m3 les concentrations de formaldéhyde dans une pièce où la mousse aura été appliquée. Mais il faut savoir que les valeurs guides recommandées en 1995 par 1'OMS pour le formaldéhyde sont de 100 µg/m3 pour des personnes normales, et de 10 µg/m3 pour celles sensibilisées (à titre de comparaison, sachez que fumer un paquet de cigarettes équivaut à inhaler 1000 µg de ce toxique !). Les concentrations augmentent avec l'élévation de la température et l'humidité. Les teneurs fluctuent donc en fonction des pièces, des saisons, des moments de la journée et de la ventilation. Les émissions s'affaiblissent dans le temps. Ce sont donc surtout les logements neufs ou rénovés qui peuvent s'avérer toxiques.

 

Pour réduire les risques

Nous préparons pour juin un dossier sur les matériaux écologiques. En attendant, la solution consiste à bien aérer...

Inspectez la ventilation, pierre angulaire du problème.

Veillez à ne pas emménager trop tôt dans une maison neuve ou fraîchement rénovée, pour laisser le temps aux colles, peintures et autres matériaux de sécher. Prévoyez un délai de deux à trois mois.

Renseignez-vous auprès du CTBA sur les composants du produit avant de traiter vos bois, car du côté des fabricants, ce n'est pas toujours facile.

Evitez toute matière isolante à base d'urée-formol, et si vous avez acquis une sensibilisation au formaldéhyde, bannissez également les fibres à base de laine de roche et laine de verre qui en contiennent la plupart du temps. Le chanvre, le liège en granulés ou aggloméré et des panneaux de bois fabriqués sans adjonction de colle peuvent assurer la même fonction.

Choisissez des bois naturels en attendant l'étiquetage du taux d'émission de formaldéhyde des bois agglomérés.

Vérifiez que les panneaux de particules utilisés dans une salle de bains, une cuisine et tout autre lieu humide soient bien stratifiés sur les deux faces et les bords.

Sachez que les peintures à l'eau renferment très souvent des formaldéhydes.

Ne collez pas vos moquettes.

Investissez dans un aspirateur avec filtre Hepa "haute efficacité pour les particules de l'air", qui ne rejette pas les fines particules lors du ménage.

 

Fongicides suspects

Si votre maison a été construite avant 1994, des bois ont pu être traités au pentachlorophénol (PCP), un fongicide utilisé pour éviter la pourriture due aux champignons. Des cas d'intoxication en Allemagne ont attiré l'attention sur cette substance dès les années 70. Désormais interdit de cité à l'intérieur des locaux, son odeur peut encore persister dans certains greniers, surtout par temps chaud. Ses principes restent actifs des années durant. Il est possible de recouvrir ces bois par un vernis étanche. Le cas échéant, il faut bien aérer, ne pas trop chauffer, et aspirer régulièrement les poussières. Si vos bois ont reçu du PCP, vous avez toutes les chances d'être confronté au lindane ou au dieldrine, aldrine, endrine, endosulfan, des insecticides toxiques souvent associés. Aux mêmes maux, les mêmes remèdes.

Enfin, les solvants, type toluène, xylène et trichloréthylène, contenus dans les peintures fraîches, vernis, lazures, produits d'entretien, encres mais aussi colles et adhésifs pour tissus muraux et moquettes, entrent dans la catégorie des polluants de l'air domestique. C'est lors de la pose que les doses peuvent dépasser les limites admissibles: une émission de 260 µg/m3 pendant trente minutes. Rassurez-vous, une bonne aération dans un temps suffisamment long avant de s 'installer permet d' éviter l 'exposition à de fortes doses. Elles ne sont plus ensuite que de 10 à 40 µg/m3.

 

Plantes dépolluantes

Quoi de plus confiné et problematique que l'air d'une navette spatiale ? C'est grâce à la recherche américaine, et notamment au docteur Bill Wolverton, que l'on a pu trouver une solution: les plantes. Depuis, ce scientifique a quitté la Nasa et, fort des études réalisées pendant vingt ans, va commercialiser prochainement un système de filtre à plantes Eco-Plant, prévu pour correspondre aux capacités de purification de deux cents plantes. Plus modestement, il a publié le résultat de ses recherches dans un guide grand public malheureusement pas traduit en français How to grow fresh air. Mais les internautes pourront glaner des infos sur le site Web (1). Ainsi, les essais réalisés dans des pièces étanches ont permis de dresser la liste des variétés les plus polyvalentes: le lierre, le sansevieria, le dracoena, le spathiphyllum et le chamaedora (une espèce de palmier). Le lierre se révèle champion de la filtration à raison de sa capacité d'absorption par vingt-quatre heures :10 µg de formaldéhyde et de beuzène par centimètre carré de feuille, 7,3 µg de trichloréthylène. Mais d'autres variétés sont également intéressantes: gerbera, langue de bellemère, chrysanthème, plante araignée, pothos. Le scientifique recommande aussi l'areca (chrysalidocarpus lutescens) et le ficus robusta.

En règle générale, plus une plante consomme d'eau, plus elle génère d'humidité et plus elle est à même d'éliminer des polluants. Mais attention aux moisissures. Le mieux serait de faire pousser des plantes hors sol... A défaut, vous pouvez toujours mettre une couche de 2 à 4 cm d'épaisseur de petits cailloux ou de graviers d'aquarium au-dessus de la terre. Cela permet à l'eau de passer à travers, et évite l'apparition de moisissures sur le haut du pot. Il faut aussi veiller à ne pas créer de zones d'humidité en dessous du pot, en ne laissant pas d'eau dans la soucoupe, a fortiori quand la plante repose sur un tapis ou de la moquette.

D'après Bill Wolverton, une quinzaine de plantes choisies parmi ces espèces peuvent suffire à éliminer le formaldéhyde dans l'air d'une habitation de 167 m2 avec hauteur sous plafond de 2,5 m. En France, une équipe du CSTB de Nantes travaille depuis peu sur la question dans le but déjà de vérifier la propriété dépolluante des plantes. A ce propos, signalons qu'il n'y a pas d'inconvénient, dans des conditions normales, à dormir dans une pièce peuplée de plantes, car celles-ci produisent de l'oxygène en quantité beaucoup plus importante que le gaz carbonique rejeté. Le bilan gazeux reste largement positif, même lors de la période nocturne pendant laquelle la photosynthèse s'arrête.

 

Radon toxique

Des mesures sont effectuées actuellement dans les bâtiments publics accueillant des enfants pour faire un point précis sur le radon. Et ce, dans vingt-sept départements français. La Bretagne, le Massif central, la Corse et les Vosges sont concernés en premier lieu compte tenu de leur sous-sol granitique. Car ce gaz ubiquitaire (il y en a partout sur la planète) est inégalement réparti. Il se forme lors de la désintégration du radium contenu dans certaines zones de la croûte terrestre. Ce sont les caves et entresols qui se trouvent souvent les plus exposés, car il se dégage du sol. Sans odeur, il est difficile à diagnostiquer. Il présente un danger quand il reste concentré dans les habitations, mais des solutions existent pour l'évacuer. Une ventilation mécanique contrôlée à double flux est souvent préconisée en l'absence de vide sanitaire.

Reconnu cancérigène depuis 1987 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), ce gaz endommage les poumons. Les études épidémiologiques demeurent encore contradictoires, mais autant veiller à une exposition minimum. En France, les pouvoirs publics estiment que 300 000 habitations individuelles sont exposées à des concentrations de radon dépassant 400 becquerels/m3, et que 60 000 atteignent la cote d'alerte à 1000 Bq/m3. Sachez que, d'après la réglementation, le dépassement de ce seuil dans un établissement recevant du public entraîne l'obligation de faire des travaux, quitte à fermer.

Les mesures de la teneur en radon sont délicates à relever, car les émissions évoluent en fonction de la journce, de la météo, de la saison, mais elles restent accessibles à toutes les bourses. Pour Jean Andru, responsable de Dosirad, quand la maison dispose d'un vide sanitaire, le remède le plus simple est de boucher toutes les entrées d'air à l'exception d'une seule. Devant celle-ci, on place un petit ventilateur afin de créer une légère dépression d'air. "La pire solution consiste à trop aérer le vide sanitaire, comme nous l'avons déjà vu faire, car on aboutit alors à créer dans la maison une dépression qui tire davantage le radon à l'intérieur. "

Monoxyde hivernal

On n'a toujours pas régler le problème du mauvais entretien des chaudières et autres équipements de chauffage. Pour l'intoxication au monoxyde de carbone, ce ne sont pas les remèdes qui manquent, mais la façon de les faire appliquer. Il s'agit de corriger des comportements. Gaz de France propose bien aux particuliers des diagnostics établis par des experts agréés et indépendants qui, pour 200 F, vérifient la ventilation du local (30 % des anomalies), le raccordement de l'appareil de cuisson (25 %), 1'évacuation des produits de combustion pour les chaudières et chauffe-eau (10 %). Mais c'est insuffisant.

Une nouvelle piste commence à être explorée en Loire-Atlantique, où la Direction régionale de l'action sanitaire et sociale (Drass) travaille actuellement à définir un cadre sanitaire pour créer un audit systématique des installations qui serait réalisé par les personnes chargées de la maintenance chez les particuliers. En effet, qui mieux que ce corps de métier peut le plus être à même de surveiller l'état général des aérations, appareils d'appoint... au cours de la visite annuelle d'entretien ? Reste le problème du financement à fixer, et sans doute une réglementation à modifier pour rendre contraignant ce contrôle sanitaire, à l'instar de la démarche qui a abouti au contrôle technique des véhicules.

Jacques Chandelier, du CSTB de Nantes, met surtout en garde les particuliers contre le danger que représentent les appareils à combustion non raccordés, et principalement ceux à pétrole dits par les publicités "électroniques", que l'on vend comme des chauffages d'appoint (voir notre article du mois précédent), mais qui parfois fonctionnent en continu dans les maisons. Signalons que la solution d'investir quelques centaines de francs dans un détecteur de CO n'est pas forcément la panacée. D'abord, parce que très peu de modèles se révèlent fiables. Le test de Que choisir de janvier 1999 n'a admis qu'un seul choix recommandable, le SF 330 KM (4). Ensuite, le gros inconvénient de cet appareil est qu'il faut en racheter un nouveau dès que la pile montre des signes de faiblesse. Gaz de France reste de son côté hostile à cet achat dans la mesure où il a été constaté qu'il provoque des comportements dangereux, comme de colmater toutes les bouches d'aération à cause du froid en se croyant parfaitement protégé...

Marise Sargis

(1) www. wolvertonenvironmental.com/air.htm

(2) Dosirad, 01.60.17.91.08, et Algade, 05.55.60.50.00.

(3) http://perso. wanadoo. fr/la.maison. empoisonnee/

(4) SF Détection: 01.39.22.49.00.


Une maison poison à Brest

Cela a commencé comme un beau rêve, pour s'achever en cauchemar... En 1989, les Mear se font construire à Brest une maison contemporaine, avec beaucoup de matériaux en bois. L'architecte néglige la surveillance des travaux, I'entreprise qui installe la ventilation ne respecte pas les normes existantes, et très vite le couple souffre de différents troubles: d'abord, des problèmes de sommeil et des rhinites au réveil. Puis, des saignements de nez, des problèmes de concentration, de motricité des mains, perte de cheveux. Pilote de ligne, le mari voit disparaître tous ses maux lors de ses voyages... de là, il commence à suspecter sa maison.

Comme un fait exprès, les facteurs de pollution intérieure se sont accumulés. Un cas d'école de ce qu'il ne faut pas faire. Grande quantité de bois collé qui libère des formaldéhydes, surtout par temps chaud et humide, et de bois traité dégageant du lindane, du toluène et du pentachlorophénol, substances interdites dans la plupart des pays. Particules de laine de roche présentes dans les faux plafonds et qui, par les ouvertures des spots d'éclairage, vont se trouver en communication directe avec l'air respiré. Pour ne rien arranger, une ventilation très mal installée qui ne fait qu'amplifier le phénomène.

Les tests d'allergies réalisés sur le couple pour incriminer acariens et pollens ne donnent rien. En revanche, la recherche d'IGE au formaldéhyde s'avère concluante. L'hypothèse se valide. Malheureusement pour eux, ils ont acquis l'un et l'autre une sensibilité très grande à ces composés chimiques, ce qui leur a valu depuis de devoir déménager à plusieurs reprises, à telle enseigne qu'ils n'ont guère d'autres choix que de faire construire une nouvelle maison avec une toute autre vigilance. En l'état, la première est invendable.

Pendant deux ans, Georges Mear va enquêter pour comprendre ces phénomènes, et finalement, engager une action judiciaire à l'encontre de l'architecte défaillant et de l'entreprise de ventilation incompétente. Afin d'informer ses concitoyens, il a mis en ligne un site sur Internet (3) remarquablement renseigné.

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