Article dans le PARISIEN du 8 juillet 2000

Environnement

Traquer la pollution

à la maison

L'AIR que vous respirez, non pas dans la rue, mais chez vous ou au bureau, est-il de bonne qualité ?

L'Observatoire de la qualité de l'air intérieur, organisme public, va tenter de répondre à cette question inédite. L'enjeu est d'importance, car on suppose, sans en avoir pour l'instant la preuve absolue, que la pollution intra-muros joue un rôle dans la progression de certaines maladies chroniques, comme les affection respiratoires (bronchiolites, asthme), mais aussi dans le développement des cancers.

Les polluants sont en effet nombreux à la maison : il y a ceux de la rue qui parviennent à s'immiscer à la faveur d'une fenêtre ouverte, ceux du parking souterrain que laissent parfois échapper les conduites d'aération de l'immeuble, sans oublier les allergènes naturels provenant du sol et de la végétation (pollens, acariens) amenés par les vents ou les animaux domestiques, les émanations de tabac, voire l'amiante...

Premiers résultats en 2001

Pour inventorier les microbestioles et autres particules toxiques, des capteurs seront installés dans 1000 maisons, appartements ou écoles à partir du mois d'octobre prochain, avec une répartition équilibrée entre habitat urbain et rural, entre neuf et ancien, et entre foyers avec animaux domestiques et sans. Une première enquête "pilote" sera d'abord menée sur le Nord-Pas-de-Calais, l'Alsace et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, et portera uniquement sur les logements privés et sur des écoles. Ses résultats seront connus en juillet 2001.

Dans un deuxième temps, cette enquête sera étendue sur tout le territoire, dont la région parisienne, et mesurera la qualité de l'air dans les bureaux, dans les salles de sport, mais aussi dans les gares. «Actuellement, la communauté scientifique manque d'informations sur la qualité de l'air intérieur. Elles nous sont nécessaires pour lancer ensuite des études épidémiologiques», explique Alain Maugard, président du Comité scientifique et technique du bâtiment (CSTB), établissement public qui gère ce dossier. L'enjeu de cette étude est d'autant plus important que le temps passé «sous abri» (chez soi, dans les transports et au travail) est de 23 heures sur 24 heures en hiver et de 21 heures sur 24 heures en été.

Marc Payet

Mille te une petites bêtes...

Au DOMICILE, on trouve des acariens (micro-animaux présents dans les matelas, provoquant des allergies), des moisissures (dans les bas des murs mals isolés, provoquant des allergies) ou des bactéries type légionnelles (émises par certaines climatisations, donnant la légionellose). Dangereux aussi le radon, un gaz narurel qui s'infiltre dans les matériaux de construction, ou l'amiante, interdit maintenant, provoquant des cancers. Quant aux peintures, vernis et revêtements de sols, ils abritent des composés organiques volatiles provoquant des irritations de peau et des cancers. Nos autres ennuis familiers s'appellent dioxyde d'azote et ozone (venant des automobiles et de la pollution urbaine) provoquant des affections respiratoires.

M.P

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