Article paru dans le Figaro du 12 juillet 2000

POLLUTION

L'air impur de nos maisons

Yves Miserey

L'Observatoire de la qualité de l'air intérieur a été mis en place par le gouvernement en septembre 1999. Il va commencer ses études pilotes en octobre prochain à GrandeSynthe (Nord) dans des logements et à Tourcoing (Nord) dans des écoles. Deux autres secteurs proches de Strasbourg et de Marseille seront bientôt désignés. Il s'agit dans un premier temps de tester les procédures de collectes de données.

La vraie campagne de mesure ne débutera qu'en avril 2001. Chaque année, l'air intérieur de mille sites localisés sur l'ensemble du territoire national sera alors passé au peigne fin par les chercheurs du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment).«Nous ne manquerons pas de tirer la sonnette d'alarme si les résultats sont mauvais », a assuré Alain Maugard, président du CSTB.

«On ne sait pas aujourd'hui ce qu'on respire dans les habitations ou les bureaux»

L'homme moderne est devenu un animal très domestique. Les citadins passent vingt-deux heures sur vingt-quatre dans les habitations, les lieux de travail ou les espaces de loisirs. N'empêche, en France, aucune campagne de mesure de la qualité de l'air n'a encore été menée à l'intérieur des bâtiments, alors que l'enregistrement des pics de pollution automobile et industrielle fait désormais partie de la routine dans les grandes agglomérations. « On ne sait pas aujourd'hui ce qu'on respire dans les habitations ou les bureaux. On ne connait pas non plus quels effets sur la santé peuvent avoir les polluants qui s'y trouvent ». confirme Séverine Kirchner, responsable scientifique de ce nouvel observatoire.

Une quinzaine de paramètres seront étudiés par l'observatoire: radon, plomb, composés organiques volatils, moisissures, allergènes, fibres minérales artificielles, biocides, tabac, etc. « Même si le risque individuel est faible, I'exposition est importante », souligne Soraya Kompany, de la Direction générale de la santé, qui reconnait volontiers quc dans notre pays les études épidémiologiques ont été trop rares..

L'air intérieur dépend d'un nombre considérable de facteurs. Les matériaux de construction et de décoration, Ia situation (proximité d'un parking) et l'orientation des bâtiments, mais aussi les pratiques des habitants (tabagisme) ainsi que les équipements domestiques (cuisinière à gaz ou système d'aération) entrent en ligne de compte. La grande machinerie de collecte de données effectuées par les techniciens de l'observatoire complétera les essais effectués dans le laboratoire Aria à Champs-sur-Marne, où les produits (colles, peintures)seront testés à partir de septembre prochain.

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