Article lu dans Cosmopolitan, mai 2000

Attention !

La pollution peut être aussi dans votre salon

L'air des rues est irrespirable ? Celui du salon ne vaudrait guère mieux. C'est d'autant plus préoccupant pour notre santé que nous passons, selon la saison, 70 a 90% de notre temps à l'intérieur. Comment mieux respirer chez soi ? Ne négligez pas les gestes simples.

En 1988, Georges Méar, commandant de bord à Air France, a le coup de foudre pour 2 000 m2 à bâtir en plein cœur du parc botanique de Brest. Mais ce qui aurait dû être l'aboutissement d'un rêve allait être le point de départ d'un cauchemar. A peine installée, Annie Méar commence à souffrir, d'abord d'oppression, de rhinite, puis de divers troubles (douleurs diffuses, pertes de mémoire...). Elle se plaint surtout d'une fatigue inexplicable. Son mari se trouve bientôt en proie aux mêmes symptômes qui lui retombent dessus à chaque retour de vol. Au fil des semaines, leur santé se dégrade. Il leur faudra des mois pour remonter à la source du problème.

"J'ai l'impression de ne pas respirer"

La solution, Georges Méar la saisit au réveil d'une sieste fenêtres grandes ouvertes qui le trouve « la tête prise » comme après une nuit confiné dans la chambre. Des coffres des volets roulants se dégage une odeur très forte. Les analyses le confirmeront: les bois traités et les panneaux de particules rejettent des quantités massives de formaldéhyde qu'une ventilation défectueuse rabat à l'intérieur. Les Méar déménageront. Neuf ans plus tard, dans la maison « empoisonnée », 270 m2 de bois collé émettent encore deux fois plus que des panneaux neufs homologués aux Etats-Unis

S'il est extrême, le cas des Méar braque le projecteur sur le problème de la qualité de l'air mtérieur. On commence tout juste à prendre la mesure de l'impact sur la santé de la pollution atmosphérique. Alors qu'on installe des capteurs pour surveiller l'air de nos villes quel cas fait-on de l'habitat ? « Est-ce réellement dans la rue que nous courons le plus grand danger ? » En posant cette question dès 1990 dans le numéro 75 de la revue « Respirer », le docteur Marie-Roger Ickovic, l'une des premières à s'inquiéter de ces « pollutions de la maison », ignorait qu'elle prenait dix ans d'avance sur l'actualité.

La pollution intérieure était au centre de la dernière conférence annuelle de 1'EPA (European Federation of allergic and asthmatic Associations) dont a rendu compte « Oasis Allergies » (oct. 99). Le sujet revient régulièrement lors de congrès scientifiques et il est assez préoccupant pour que l'Europe ait lancé plusieurs programmes de recherche et que la France annonce la création d'un Observatoire de l'air intérieur (voir encadré).

 

L'air des locaux se dégrade-t-il vraiment ?

Un faisceau d'indices le laisse penser. La vétusté de l'habitat ou des équipements (les intoxications au monoxyde de carbone tuent près de 500 personnes chaque année). Mais aussi des problèmes émergents comme l'amiante ou le radon, l'éternel problème du tabac et des problèmes plus récents liés à l'introduction massive dans la construction de matériaux nouveaux ou aux changements des habitudes « Nos maisons deviennent d'autant plus hermétiques que les habitants obstruent les entrées d'air réglementaires pour des raisons d'inconfort (vents coulis, froid, nuisances sonores...). La ventilation fait du bruit ? On l'arrête pour la nuit,que les occupants passent en vase clos », s'inquiète Séverine Kirchner, responsable du projet Qualité de l'air au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment).

Des murs, ça rassure. Son pas de porte sitôt franchi, on se croit à l'abri quand la télé annonœ un pic de niveau 2 et invite à rester chez soi. Erreur n° 1: même à huis clos, une maison n'est jamais une bulle. Erreur n°2: sous couvert de se protéger, on ferme les fenêtres, ignorant qu'on peut se retrouver plus menacé. Car c'est de la maison elle-même et de ses occupants que provient le gros bataillon des polluants qui contaminent l'air intérieur. Matériaux, équipements et nos activités multiples (cuisine, bricolage, toilette, chauffage) libèrent toutes sortes de substances dont le confinement favorise l'accumulation. « L'air inhalé comporte alors des particules diverses d'autant plus dangereuses qu'elles pénètrent plus profondément dans le poumon, là où l'élimination naturelle est moins facile », expliquait le Dr Ickovic.

Démangeaisons yeux qui piquent, gorge irritée et autres manifestations banales d'inconfort; allergies et affections respiratoires maux de tête, insomnies ou, plus insolite: stérilités maladies auto-immunes, voire risque accru de canœr, pourraient avoir pour origine commune l'air que nous respirons à la maison.

 

Des COV, composants organiques volatils...

Le sujet des polluants chimiques domestiques est quasi méconnu en France. A l'étranger, des campagnes comme œlle de la Société suisse pour la protection de l'environnement (SPE) mettent officiellement en garde le grand public contre œs « toxiques de l'habitat », formaldéhydes et autres COV. Présents dans toutes sortes de produits de bricolage, d'entretien, les meubles de bois collé, les composés organiques volatils (hydrocarbures, cétones, alcanes, aldéhydes) qui s'évaporent à température ambiante et se retrouvent sous forme de gaz dans les maisons à des taux jusqu'à 10 ou 20 fois supérieurs à ceux de l'extérieur. Les solvants des colles, cires, vernis, peintures s'évaporent en quelques heures ou quelques jours...Théoriquement car, dans certaines conditions, les COV, massivement libérés lors du séchage, sont absorbés par toutes sortes de matériaux présents dans la pièce (rideaux, moquette, papiers peints, livres...) qui, durablement imprégnés, les relâcheront par la suite - irnpossible de prédire pendant combien de temps.

Les peintures « à l'huile » sont naturellement les plus riches en solvants. Faut-il, pour autant, prétérer les acryliques aux glycéros ? « Si la réponse est « oui » à court terme, elle est moins tranchée à plus longue échéance »,répond Lionnelle Nugon-Baudon, chargée de recherche à 1'INRA. Sans odeur, ces peintures « à l'eau » ne sont pas forcément sans danger. Si elles contiennent environ cent fois moins de COV, la plupart renferment d'autres substances comme les aldéhydes ou les éthers de glycol. Ces éthers, sous-produits du pétrole, dont une trentaine sont actuellement utilisés dans l'industrie, viemnent de faire l'objet d'une expertise collective de l'INSERM: « Ethers de glycols: quels risques pour la santé ? », dont les conclusions, publiées en octobre, ne sont pas de nature à rassurer. Reconnus toxiques pour la fertilité et le développement du fœtus, quatre de ces éthers ont été interdits à l'usage domestique en France en 1997 et 98. En 1998, un éther est reconnu cancérigène. Quant aux autres, les experts « recommandent » de réexaminer rapidement la classification d'une dizaine d'entre eux et de compléter les études Dans l'intervalle, ces éthers continueront à être employés sans restriction.

 

... au SBM: syndrome des bâtiments malsains

Que sait-on des effets de ces produits chimiques sur la santé ? La toxicité dépend de la concentration du polluant, de la durée d'exposition et certainement (les scientifiques insistent de plus en plus sur ce point) de la sensibilité individuelle. « Les liens entre COV, formaldéhyde et asthme ne sont pas clairs », note le Pr Frédéric de Blay,pneumologue au CHU de Strasbourg. On observe cependant que ces polluants peuvent indirectement aggraver les réactions allergiques: soit comme cofacteur amplifiant la réponse allergique; soit en induisant une inflammation bronchique qui se surajoute.

L'Union européenne n'a classé que quatre éthers de glycol toxiques pour la fertilité et le développement du fœtus, alors que les données sont suffisantes pour en classer treize autres depuis dix ans.

Des études récentes semblent ainsi confirmer le lien entre de forts taux d'émission de COV et le fameux « syndrome des bâtiments malsains » (ou SBS pour Sick Building Syndrom). Défini comme une « réaction » de la majorité des occupants d'un immeuble à leur environnement intérieur, le SBS qui, selon l'OMS, pourrait concerner jusqu'à 25 à 30 % des usagers du tertiaire, se rnanifeste par des troubles respiratoires, nerveux (maux de tête, fatigue), allergiques, qui se dissipent dès qu'on sort du bâtiment.

Le MCS (Multiple Chemical Sensitivity) prête aussi le flanc à la controverse. Une personne sensibilisée au départ, soit par une dose massive, soit par une exposition à une dose moindre mais prolongée, pourrait, par la suite, voir ses troubles réactivés par une exposition infime à un éventail de plus en large de substances chimiques. Une sorte d'allergie sans l'être: alors que l'allergie se manifeste par une réaction de défense excessive, il s'agirait, dans le cas présent, d'un perte de tolérance de l'organisme. Ces « hypersensibilités » agiraient en perturbant les grands systèmes, immunitaire ou endocrinien, d'où les manifestations les plus diverses.

Cette hypothèse qui semble prise très au sérieux, notamment aux Etats-Unis où le MCS est reconnu par des organismes officiels tels que l'American Public Health Association, entre autres, laisse plutôt sceptique en France, où les toxicologues ont un autre mot pour qualifier ces cas: SIOC (Syndrome d'intolérance aux odeurs chimiques). Un synonyme poli de « psychosomatique ». On peut comprendre ces médecins. Pas de biomarqueurs. Des maladies qui ne ressemblent à rien de connu, mais le prion non plus.

 

De grosses lacunes

Sans verser dans la paranoïa « psychochimique », on peut quand même s'interroger. Pour beaucoup de ces produits, le dossier toxicologique est « très mince », finit par admettre le docteur Robert Garnier (toxicologue au centre anti-poison de l'hôpital Fernand-Widal à Paris), membre du groupe sur les éthers de glycol. Moyennant quoi, prend-on vraiment les précautions voulues ? A l'origine du rapport de l'INSERM, l'ingénieur chimiste toxicologue André Cicolella (responsable de l'Unité d'évaluation des risques sanitaires à l'INERIS) estime « en retrait » les conclusions de la récente expertise: « L'Union européenne n'a classé que quatre éthers de glycol toxiques pour la reproduction, alors que les données sont suffisantes pour en classer treize autres depuis environ dix ans. Seuls neuf sont proposés pour une révision.Aucune mesure n'a été prise après la publication de l'étude positive du National Toxicology Program, en 1998, sur la cancérogénicité de l'éther de glycol le plus utilisé au plan domestique et industriel, l'EGBE. Au total, l'exemple des éthers de glycol est un exemple du dysfonctionnement du système de sécurité sanitaire des substances chimiques. Pour les éthers de glycol, comme pour les autres substances dites "HPV" (High Production Volume), il y a un manque important de données de toxicité chronique, essentielles pourtant pour des substances utilisées, pour la seule France, par des centaines de milliers de travailleurs et des millions de consommateurs. »

 

Un no man's land réglementaire

En France, il n'y a actuellement ni incitation pour les industriels à l'évaluation systématique de leurs produits, ni obligation d'étiquetage. Impossible de connaître la composition de la peinture X ou du vernis Y. Quant à interroger le fabricant: « secret défense ».

« Il existe bien une norme "NF environnement" pour les peintures, mais qui ne repose pas sur des critères prenant en compte la santé des applicateurs et des usagers », observe S. Kirchner. Et pourtant la demande existe: « Nos meilleures ventes », nous dit ce distributeur qui importe d'AIlemagne deux peintures « écologiques ». Une majorité des architectes du Bas-Rhin relèvent que 25 % de leurs clients manifestent un intérêt pour la relation « habitat/santé ». Faute de labels garantissant l'absence de COV, ils ne peuvent fournir ces chantiers en matériaux français. Seule alternative: faire venir de Suisse des produits classe « A » ou des panneaux de particules allemands « E1 », peu émissifs en formaldéhydes. Alors que les Etats-Unis et le Canada, l'Allemagne, la Suisse, les pays d'Europe du Nord disposent aujourd'hui de législations réglementant la fabrication des matériaux, rien de tel en France. Nous refusons le bœuf anglais ? Nos voisins boudent les matériaux de construction français. Dans un article de juin 1999 intitulé « Maisons poisons ? », la revue suisse « Fémina » met en garde ses lectrices: « Il convient de se méfier des produits importés de pays aux réglementations plus laxistes. »

Nous refusons le bœuf anglais? Nos voisins allemands ou suisses, qui disposent de législations réglementant la fabrication des matériaux, boudent, eux, les matériaux de construction français.

Alors que des niveaux d'alerte ont été définis pour la pollution extérieure, que des valeurs limite d'exposition sont établies pour quelque 600 polluants en milieu de travail, il n'en existe pas pour l'air ambiant dans l'habitat. De plus, lorsqu'une analyse d'atmosphère est réalisée se pose le problème de son interprétation. Faute de mieux, l'usage est de diviser par un facteur « variable » (allant de 3 à 50) les valeurs moyermes d'exposition professionnelle (alors que l'OMS recommande d'appliquer un facteur de sécurité de 100 à 1000) pour obtenir la valeur limite acceptable dans un environnement domestique. Approximation d'ailleurs critiquée par les spécialistes de l'environnement comme les partenaires du projet belge « Sandrine » qui, dans un récent article (à consulter sur Internet), s'expliquent: « L'extrapolation des données de la médecine du travail à la médecine environnementale devrait être proscrite. La médecine du travail s'adresse à des adultes en bonne santé, exposés 8 heures par jour et 5 jours par semaine.Tandis qu'une personne exposée chez elle peut l'être 24 heures sur 24 »... et des années durant. Sans compter qu'un enfant, une personne âgée ou malade, ne sera pas équipé d'une combinaison ni de gants. Dernier point, ces valeurs ne sont données que pour une substance unique. Or, il est rare de n'être exposé qu'à un polluant isolément: la nocivité des mélanges où les substances chimiques interagissent entre elles devient pratiquement impossible à évaluer.

 

De l'ignorance à l'omerta

On peut reprocher aux Verts de voir tout en noir. Lors du naufrage de l'Erika, « le Monde » n'a-t-il pas été, le 5 janvier dernier, le premier à démasquer les experts du Cedre, suspectés de collusion (« entente secrète en vue de tromper ou de causer préjudice », selon Larousse) avec les pétroliers ? Ce sont ces mêmes pétroliers qui se cachent, aujourd'hui, derrière les marques de peintures les plus distribuées. Le système est bien verrouillé.

Lorsqu'un problème se pose, les conditions sont réunies pour que toutes les démarches tournent court. D'abord faut-il faire le lien. La plupart des gens n'ont pas le réflexe d'associer un symptôme à leur habitat,non plus que les médecins qui ne savent pas traiter ces cas. En l'absence de réglementation, les industriels jouent sur du velours. Bien difficile, alors, de faire prendre en compte la nocivité d'un produit. On en a fait les frais avec l'amiante.

Paradoxe, alors qu'en 1995 le tribunal de grande instance de Brest reconnaît et les problèmes de santé du couple Méar et les erreurs techniques (notamment de ventilation), il ne reconnaît pas la relation avec les produits chimiques (tout en faisant payer les dépens aux parties adverses, dont les frais d'expertise chimique). C'est pour faire admettre ce lien de causalité que les Méar ont fait appel.

A quand des matériaux de construction clairement étiquetés ? Pour la première fois, dans le cadre du projet « Bâtiment et santé », le secrétariat d'Etat au Logement a exprimé la nécessité de « compléter les mesures réglementaires par une meilleure information du public », avec cet objectif d'aboutir à un marquage spécifique des produits. « Deux projets sont lancés,précise S. Kirchner, l'un au niveau européen, le second, français, cofinancé par l'ADEME. » Un vrai progrès qui se profile, mais pas avant plusieurs années.

 

L'air intérieur sous surveillance

« Bâtiment et santé »: c'est le nom du programme de prévention des risques sanitaires liés à l'habitat récemment lancé par les ministères du Logement, de la Santé, de l'Environnement et de la Recherche. Parmi les grands axes présentés en septembre demier . Ia création d'un « observatoire de la qualité de l'air intérieur des bâtiments ». Pendant du dispositif de surveillance de l'air extérieur, il s'agit de constituer, à l'échelle nationale, un réseau d'observation de la qualité de l'air intérieur des bâtiments. Objectifs: identifier les polluants présents, leur concentration, en suivant leur évolution afin de préciser l'exposition des habitants. Des mesures seront effectuées dans des bâtiments indicateurs (un millier environ), répartis dans des zones variées tant en ville qu'à la campagne. L'échantillon regroupera des locaux dans lesquels le temps passé est important (logements, bureaux, écoles, établissements de santé), mais aussi des lieux publics fréquentés dans ia journée, y compris les espaces souterrains. Les polluants sélectionnés (oxydes d'azote, monoxyde de carbone, formaldéhydes, COV dont benzène) le seront soit en raison de leurs effets sur la santé, soit parce qu'ils sont plus concentrés à l'intérieur en raison de sources internes. Ces résultats permettront de mieux identifier les sources de ces pollutions et d'apporter des éléments pour l'évaluation des risques. La mise en œuvre du projet, qui sera conduit avec l'lnstitut national de veille sanitaire, a été confiée au CSTB avec le réseau technique du ministère de l'Equipement et l'INERIS. 4 MF ont été débloqués pour la mise en place de l'observatoire.

 

Ces gestes simples qu'on néglige souvent

Mieux respirer chez soi ? Ce n'est ni sorcier ni dispendieux. En Finlande, des conseils comme ceux-ci sont publiés et distribués à tous. Quelques règles d'or pour un air plus sain au quotidien: Une maison qui respire est une maison entretenue. Qu'elle s'accumule dans les tapis ou se dépose sur le lino, la poussière est un réservoir de particules et d'allergènes aériens.

• Passer sur les sols lisses une serpillière humide plutôt qu'un balai qui la met en suspension.

• Choisir un bon aspirateur: suffisamment puissant, équipé de filtres efficaces et d'accessoires adaptés (buse, turbobrosse). Pour un nettoyage en profondeur (tous les 2 ou 3 ans), au shampooing (difficile à bien rincer) préférer l'injection/extraction. La méthode varie selon le type de pose et de fibres. Se renseigner lors de l'achat ou auprès de l'Union des fabricants de tapis de France, qui édite des brochures avec des conseils précis. Egalement sur Minitel: 3615 Info Moquette ou Internet: uftf.asso.fr. L'humidité favorise le développement des moisissures et des acariens, mais aussi (on le sait moins) la diffusion de substances comme le formaldéhyde libéré par les matériaux.

• Sécher immédiatement, au besoin remplacer, tout ce qui a été mouillé ou inondé.

• Dans les pièces humides (salle de bains, cuisine), prévoir une bonne ventilation. La présence de buée sur le miroir ou les vitres indique qu'elle est insuffisante.

• Eviter de faire sécher le linge dans des pièces fermées. Autre source d'humidité issue des activités domestiques et de la présence humaine, la condensation est d'autant plus importante que la température est basse: à 15 °C, la respiration de deux personnes au repos suffit à saturer une pièce de 30 m2en cinq heures. Un chauffage équilibré (autour de 20°C) contribue à assainir l'air ambiant. Une odeur peut signaler le développement de moisissures ou le dégagement de COV En chercher la source... ne pas la masquer. Eviter parfums d'intérieur et désodorisants, spécialementen aérosol. Dans tous les cas, aérer est le meilleur moyen de disperser poussières et polluants: même le radon, dont les concentrations atteignent un pic la nuit et fluctuent dans la joumée, au gré de l'ouverture des portes et des fenêtres.

• Ventiler régulièrement (et pas seulement lorsqu'on cuisine).Toute l'année, même en hiver, quelques minutes, trois à cinq fois par jour.

• Aérer les chambres avant de dormir et chaque matin au réveil; à défaut des fenêtres, laisser les portes ouvertes la nuit est une bonne chose.

• Attention, une ventilation, une climatisation mal conçue (ou mal entretenue) produisent l'effet inverse de celui recherché. Faire appel à des professionnels. Des travaux à prévoir ? Attendre la belle saison, lorsqu'il sera facile d'aérer. Eviter d'habiter la maison en travaux et patienter quelques jours (voire davantage pour les personnes sensibles), avant de retourner dommir dans la chambre qui vient d'être repeinte. Toujours vider les pièces au maximum (pour limiter le phénomène réservoir). Et, s'il y a lieu de changer un sol, le faire APRES la peinture.

 

Pollution des maisons: quelles sources, quelles menaces?

Matelas, tapis et autres nids à acariens, COV qui émanent du sol ou des meubles, fuite qu'on tarde à réparer, murs qui se lézardent, chaudière, tabac: autant de sources de polluants. Voici les principaux, dangereux pour la santé.

Les allergènes domestiques « aéroportés » responsables essentiellement de manifestations respiratoires. Au hit-parade: 1 ) les acariens, responsables de 70 % des allergies à la poussière de maison. 2) Les allergènes d'animaux (chats, chiens). 3) Les allergènes de blattes, mis en cause plus récemment: 9 à 10 % des allergiques y seraient sensibilisés. Les moisissures provoquent des allergies plus rares et plus difficiles à éradiquer.

L'amiante, composant de nombreux matériaux de construction largement utilisés entre 1950 et 1980. Reconnu comme cancérigène, l'amiante a fait l'objet, en 1996 et 1997, de nouvelles dispositions réglementaires imposant aux propriétaires immobiliers une obligation de diagnostic. Cette recherche d'amiante doit impérativement être réalisée par un contrôleur agréé. La campagne, initialement prévue jusqu'au 31/12/99, a été prolongée. Informations par Minitel (3615 amiante) ou via le web (www.equipement.gouv.fr).

Le radon, gaz rare radioactif naturellement présent dans le sol, peut se concentrer dans les habitations. Deuxième cause d'irradiation après les expositions médicales, le radon, à l'origine de 34 % de 1'exposition moyenne de la population française aux rayonnements ionisants, a été reconnu comme cancérigène par l'OMS en 1987. 27 départements seraient particulièrementconcernés. Des campagnes d'identification des zones à risque et de mesures ont été lancées début 1999. Des plaquettes d'information sont disponibles dans les DDE (directions départementales de l'équipement) et les DDASS, où l'on peut aussi se procurer un dosimètre (200 F).

Le monoxyde de carbone (CO), chef de file des gaz toxiques, est responsable de 5 000 intoxications et 400 décès par an. Des accidents souvent liés à une mauvaiseventilation: « En l'absence d'oxygène, les gaz de combustion ne se transforment plus en CO2, mais en CO », explique Jean-Pierre Buisset, ingénieur du génie sanitaire.Entretenir régulièrement les appareils de chauffage et ne pas obturer les aérations.

Le CO2 (libéré, entre autres, par notre respiration) se concentre dans les espaces confinés où l'oxygène se raréfie.

Les oxydes d'azote (libérés par les appareils à gaz, le tabac...) peuvent entrainer des troubles graves: allumer un four à gaz et trois brûleurs élève en 30 min le taux de dioxyde d'azote de la cuisine à 900 microgrammes/m3 d'air, alors qu'à l'extérieur, un taux de NO2 de 200 déclenche une alerte de niveau 1. De nombreux produits (désinfectants, peintures, colles) contiennent du formaldéhyde, également émis par les murs isolés par injection de mousses urée-formol, les panneaux de particules et contreplaqué, et la fumée de tabac. Irritant, sensibilisant, le formaldéhyde est classé cancérigène probable. Selon l'OMS, les valeurs dans l'air des habitations ne devraient pas dépasser 0,1 mg/m3 d'air chez les personnes en bonne santé. Dix fois moins pour les personnes sensibilisées (voir le numéro de janvier de « Que Choisir ? » . Il serait trop long de détailler la longue liste des milliers de COV présents dans de nombreux matériaux, produits d'entretien et de bricolage. Un des plus néfastes: le benzène (cancérigène avéré). Alors qu'une valeur limite de 10 microgrammes/m3 (à terme 5) vient d'être adoptée par l'Union européenne comme objectif de qualité, de récentes campagnes de mesures (Nancy, INERIS, 1998)trouvent des concentrations dépassant 20 microgrammes/m3 d'air dans les logements-témoins. Important. Ces composés présents dans l'air pénètrent dans l'organisme par voie respiratoire mais aussi à travers la peau: travailler toujours dans un local bien ventilé; porter des vêtements couvrants, lavés souvent et, si nécessaire, un masque et des gants adaptés. En cas de problème: s'adresser à la mairie, qui peut faire intervenir le service d'hygiène de la ville, ou les services techniques de la DDASS pour une inspection à vue et des prélèvements d'air.

Par Valérie Ferrier

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