Article paru dans le "Canard enchainé" du mercredi 26 avril 2000

Attention,

hôpital au parfum !

 

DEPUIS plus de trois ans, des vapeurs de toluène ou de formol empoisonnent l'air dans un bâtiment (L'Archet 2) du centre hospitalier universitaire de Nice. Et cela sans que la direction de ce CHU réagisse. Voila ce que révèle un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales de septembre 1999. En cause, l'implantation en soul-sol de labos utilisant des produits à risque, et ce au voisinage de la salle des naissances ou des blocs opératoires. Et surtout des négligences confondantes dans le système d'aération: faux plafonds à trous, gaines d'évacuation non raccordées ou prises d'air mal situées...

Du coup, la ventilation ne pouvait fonctionner que de manière inefficace. Or l'exposition prolongée au formol augmentent les risques de cancer du poumon. Sans compter les possibilités d'incendie dues au toluène. Résultat: plus d'une centaine d'accidents du travail liés a l'inhalation de ces vapeurs depuis l'ouverture de ce nouveau bâtiment du CHU de Nice a l'été 1996. Doléances a répétition du personnel ou rapports d'experts accablants, rien n'y a fait. Pour la direction, les émanations nauséabondes étaient la conséquence de mauvaises manips.

Dès novembre 1996 pourtant, un professeur s'en était ému. Deux ans plus tard, en décembre 1998, il a du, de guerre lasse, se résoudre a demonter lui-même les faux plafonds de son labo et y a decouvert des dizaines de trous ! Il aura fallu l'intervention de la justice et de l'Inspection des affaires sociales pour que les nécessaires travaux de mise aux normes soient enfin lancés, l'été dernier.

Bilan: l'ex-directeur général Jean-Xavier Trazzini, mis en examen voilà un an pour mise en danger de la vie d'autrui, a été poussé vers la sortie en janvier. Suite, notamment, a la plainte d'une gynécologue qui souffre depuis d'asthme chronique.

Pourquoi, ce n'est pas vivifiant de respirer du toluène et du formol ?

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