Lu dans "Alternative Santé", N° 255 Avril 1999


La Maison de tous les dangers

LA MAISON de tous les dangers

 

Comment une superbe maison neuve peut-elle rendre malades ses occupants ? Histoire exemplaire d'un pilote de ligne qui a mené l'enquête et débusqué les malfaçons.

"La maison empoisonnée"… Cela pourrait être le titre d'un roman acheté dans un hall de gare ou d'aéroport, pour passer le temps. L'intrigue aurait pour héros un commandant de bord de Boeing 747. Le lieu du drame serait situé à Brest, et tout commencerait le 1er novembre 1989. Ce jour-là, Georges Mear emménage avec son épouse dans leur maison neuve. Rapidement, leur vie se transforme en cauchemar. Yeux et nez qui piquent, rhinites à répétitions, difficultés de concentration, maux de tête, sommeil perturbé… la liste des malheurs qui s'abat sur le couple s'allonge chaque jour. Seules périodes de rémission, pour le commandant de bord, celles où il s'absente pour son travail. Loin de chez lui, ses problèmes disparaissent tandis que l'état de santé de sa femme se dégrade chaque jour. L'homme de l'air se transforme en détective et finit par mettre en cause sa maison. Il mène une enquête minutieuse pour débusquer le coupable soupçonné de loger chez lui. Dix-huit mois lui seront nécessaires pour mener à bien ses investigations et déposer ses conclusions.

Des normes strictes dans certains pays d'Europe… mais pas en France

Analyses de l'air, enquête sur les matériaux, consultation de toxicologues, Georges Mear utilise tous les moyens pour faire la vérité. Il s'intéresse tout d'abord à la ventilation pour constater que, mal conçue, celle-ci ne fait qu'aggraver la pollution à l'intérieur de la maison, au lieu de la réduire. Les analyses de l'air révèlent la présence dans l'oxygène d'une véritable soupe chimique : insecticides, fongicides et solvants barbotent entre ses quatre murs, avec, cerise sur le gâteau, des particules de laine de roche qui s'échappent des faux plafonds. Le couple a acquis une telle sensibilisation à ces toxiques que, même après avoir déménagé, leurs problèmes de santé perdurent. On les soupçonne de maladies psychosomatiques et on les traiterait même de malades mentaux si le propriétaire de la maison n'exerçait une profession qui en impose. Ils répliquent en menant une action en justice pour malfaçons. De cette histoire vraie, le pilote de ligne n'a pas fait un roman noir, mais il a voulu rendre public son témoignage sur Internet, présentant son cas comme " l'illustration parfaite de ce qu'il ne faut plus faire dans la construction si l'on veut avoir une maison saine ".Depuis l'époque de sa mésaventure, la législation a un peu évolué.

Depuis juillet 1994, les bois traités au PCP (fongicide) ne peuvent plus être utilisés à l'intérieur des immeubles. L'Europe va lancer une étude pour définir des normes d'émission de composés organiques volatiles (COV) pour les peintures décoratives ; et certains pays imposent des normes strictes quant à l'utilisation des formaldéhydes &endash;produit contenu dans les colles de bois reconstitué &endash;, mais ce n'est pas encore le cas en France." La maison empoisonnée " de Georges Mear illustre les problèmes posés par lapollution intérieure. Comment y échapper ?

 

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