Lu dans la revue "Que Choisir", N° 378, janvier 2001

Aérez, vous êtes cernés !

 Peintures, colles, revêtements de sols, produits d'entretien quotidiens nous font respirer un cocktail de polluants toxiques et allergisants. La preuve avec les deux logements que nous avons analysés.

Julie ne vit plus chez elle. Depuis dix-huit mois, elle a recours aux voisins, à la maison familiale, aux amis. Le moindre séjour, même bref, dans le duplex qu'elle a pourtant habité pendant vingt ans lui provoque des sensations de malaise, des picotements, un engourdissement des mains. Il a suffi d'un été pour que son intérieur se transforme en lieu cauchemardesque. Tout commence en juillet 1999, lorsqu'elle décide de refaire ses peintures. Le chantier dure quatre semaines. Julie le surveille de près. À chaque visite, c'est la même impression de malaise général, une irritation de la peau, une gêne respiratoire, des maux de tête. Fin août, elle réemménage, réinstalle sa bibliothèque, replace ses livres et ses boîtes d'archives sur les rayonnages. Il fait beau, les fenêtres restent ouvertes la plupart du temps. Néanmoins, l'air de son appartement lui paraît bizarre, « visqueux », dit-elle. Début octobre, le chauffage est mis en route. Les symptômes s'accentuent, des douleurs musculaires apparaissent. Julie quitte son appartement, son état s'améliore. Elle revient, et éprouve à nouveau les mêmes sensations.

 Cocktail de produits dangereux

Elle se tourne vers des spécialistes, demande une analyse d'air ambiant au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment) qui dispose d'un laboratoire de la qualité de l'air intérieur. Les prélèvements ont lieu début décembre, soit quatre mois après la mise en peinture. Un délai en théorie suffisant pour que les solvants et autres produits présents lors de l'application se soient dispersés et éliminés. Or, ce n'est pas le cas. Les résultats des analyses sont stupéfiants. L'air se révèle chargé en éthers de glycol, des substances dangereuses utilisées comme solvants dans de nombreux produits courants, notamment les peintures dites à l'eau (QC n° 321); en formaldéhyde, un irritant très puissant qui provoque asthme, dermatites (QC n° 367); en acroléine, une substance très toxique qui devait se trouver au titre d'impureté dans la peinture utilisée; en texanol, un autre solvant courant dans les peintures; et, pour finir, en une multitude de substances chimiques regroupées sous le terme de composés organiques volatils (COV). Bref, Julie respire un air chargé d'un cocktail de produits dangereux pour la santé.

Munie de son analyse, elle consulte. Aucun médecin n'accepte de se prononcer sur les risques encourus, avérés ou supposés. Que faire ? Quels remèdes ? Quel danger ? Elle n'obtient pas de réponse. L'état des connaissances, c'est à I'étranger qu'il faut le chercher. Aux États-Unis, la teneur de l'air intérieur en COV ne peut dépasser 200 ug/m3 pour que le local soit jugé sain. Chez Julie, le CSTB a mesuré 1095 µg/m3, et ce, quatre mois après les travaux ! À combien était-on au lendemain du chantier, on peut craindre le pire. En Allemagne, la valeur retenue se situe à 300 ug/m3. En France, pas de norme, donc pas de problème...

En avril dernier, nous sommes retournés chez Julie effectuer une nouvelle analyse d'air intérieur (voir p. 17). Huit mois après les travaux, les concentrations de l'air en substances chimiques demeurent très supérieures aux seuils retenus aux États-Unis et même Outre-Rhin. Le matin, elles atteignent 633 ug/m3 à l'étage. Pourtant, les mesures que nous avons réalisées sur le taux de renouvellement d'air prouve que ce logement est bien ventilé, à un rythme presque trois fois supérieur à celui qu'exige la réglementation. On n'ose imaginer quelles concentrations de polluants on aurait pu atteindre dans une habitation à l'isolation renforcée.

Autre élément à la fois instructif et inquiétant des analyses effectuées, la moquette et les cartons d'archives stockent les polluants. Ils constituent, pour reprendre l'expression des experts du CSTB, « des réservoirs non négligeables ». Autrement dit, à chaque fois qu'on manipule ces objets quotidiens, on entre en contact avec des produits toxiques. Le passage dans l'organisme à travers la peau s'ajoute à l'inhalation permanente.

À la campagne aussi

Autre style d'habitat, autres analyses. Nous avons également mesuré l'air intérieur d'un pavillon situé en zone rurale, en lisière de la forêt de Fontainebleau (77). Les occupants entretiennent régulièrement les lieux, ils font la cuisine au gaz, leur intérieur leur paraît sain. Contrairement à Julie, ils ne se plaignent d'aucun symptôme qu'ils associeraient à leur cadre de vie. I1 s'agit donc d'un cas type d'habitation sans problème. Nous y avons effectué une série de mesures portant sur le renouvellement d'air, le taux d'humidité, la présence d'allergènes et de germes pathogènes, de monoxyde et de dioxyde de carbone, de polluants chimiques (COV). À notre grande surprise, les teneurs en COV y sont très élevées, en particulier dans la chambre à coucher où nous avons mesuré 1164 ug/m3. Au final, les concentrations y sont nettement supérieures à celles que nous avions détectées dans l'appartement parisien alors que l'air extérieur contient moins de COV qu'en ville. Cette situation préoccupante pourrait en partie s'expliquer par l'insuffisance de la ventilation, mais le taux de renouvellement d'air est conforme à la réglementation dans la pièce la plus touchée, la chambre. Les variations de niveaux de dioxyde de carbone enregistrés témoignent néanmoins d'une atmosphère confinée, tout comme dans la cuisine.

Pollution durable

Quant au cocktail de substances chimiques détecté il résulte entre autres de l'utilisation de produits d'entretien et de nettoyage. L'atmosphère se révèle chargée en naphtalène (268 ug/m3), en dichlorobenzène (298 ug/m3), en méthylglycol, un solvant parmi les plus toxiques (239 µg/m3), en autres hydrocarbures aromatiques et en dérivés d'alcools, autant de composés nocifs. Plus inquiétant, ces conœntrations ne sont certainement pas ponctuelles. Les propriétaires assurent qu'ils n'ont pas fait de travaux récemment. La pollution chimique n'a donc rien de passager, elle s'installe de façon aussi durable que sournoise.

Face à de tels résultats, des mesures d'urgence s'imposent. Nous réclamons un étiquetage détaillé de la composition de tous les produits et matériaux que nous sommes amenés à utiliser, pour l'instant dans l'ignorance la plus totale. Au vu de la toxicité de certaines des substances retrouvées dans l'habitat, notre santé est menacée. Laisser le consommateur dans l'ignorance pourrait un jour être reproché tant aux politiques qu'aux fabricants. Nous attendons une composition aussi précise que celle qui figure sur les emballages des denrées alimentaires et une indication concernant les émissions de polluants.

Elisabeth Chesnais

Analyses Christophe Sandouly

 


D'où vient la pollution ?

Nous passons entre 80 et 90 % de notre temps à l'intérieur des locaux. Mais que savons-nous de l'air que nous y respirons ? Nos analyses démontrent qu'il y fait plus mauvais qu'à l'extérieur. À Paris, quand nous avons mesuré 165 ug/m3 de COV (composés organiques volatils) dehors, I'intérieur affichait 532 ug/m3. En zone rurale, le contraste s'amplifie au détriment de l'habitation. 1164 ug/m3 dedans, 120 à l'extérieur. Et cette pollution chimique est loin d'être le seul facteur de pollution à prendre en compte dans nos intérieurs douillets. Revue de détail.

Polluants chimiques

Parmi les cancers frappant les enfants, 45 % sont des leucémies et des lymphomes. Ces cancers sont en progression dans tous les pays. Aux États-Unis, les leucémies de l'enfant ont augmenté de 15 % en dix ans. Les polluants chimiques sont fortement suspectés.

SOURCES

Benzène, formaldéhyde, éthers de glycol, dérivés d'hydrocarbures.... les substances contenues dans l'air de nos habitations font froid dans le dos. Beaucoup sont classées cancérogènes certains pour l'homme, cancérogènes probables ou toxiques pour la reproduction... sans compter leur pouvoir irritant et allergisant.

Benzène. Il est cancérogène et mis en cause dans les leucémies et les lymphomes (cancers des cellules du système immunitaire). L'Union européenne impose de ne pas dépasser 5 µg/m3. Le Conseil supérieur d'hygiène publique de France a même fixé l'objectif de qualité à 2 ug/m3. Or nous en avons mesuré jusqu'à 6 ug/m3.

Folmaldéhyde. Classé cancérogène probable pour l'homme, c'est un irritant reconnu et un redoutable allergène. L'OMS (Organisation mondiale de la santé) fixe la limite à 100 ug/m3, et ce sur une durée de 30 minutes. Pour les personnes sensibilisées, en particulier les asthmatiques, elle tombe à 10 ug/m3. Or les logements analysés affichent des valeurs respectives de 54 et 62 ug/m3 en permanence.

Ethers de glycol. Certains sont responsables de malformations congénitales, ils affectent le développement du fœtus et le système de reproduction. Le méthylglycol retrouvé à une concentration de 239 ug/m3 dans la chambre du pavillon appartient à la classe 1, la plus toxique. André Cicolella, chercheur à lineris (Institut national de l'environnement et des risques industriels) et spécialiste des éthers de glycol, fixe la concentration de référence à... 10 ug/m3. Dès 1995 d'ailleurs, nous dénoncions sa présence dans des produits d'utilisation courante, lave-vitres et peinture (QC n° 321).

Dichlorobenzène/Tétrachloroéthylène. Guère plus rassurants, le premier, substance très irritante, cancérogène avéré chez l'animal, et le second, un solvant chloré, irritant et suspecté d'être cancérogène.

REMÈDES

Éliminer aérosols et vaporisateurs. À chaque vaporisation, une partie du produit est relarguée dans l'atmosphère au lieu d'atteindre la cible visée. Les particules restent en suspension dans l'air.

Limiter les produits d'entretien. Oubliez les désodorisants qui diffusent en permanence. Évitez les mélanges de produits. Les interactions entre substances peuvent accroitre leur nocivité

Éliminez les produits d'entretien qui n'afffichent pas leur composition. Rien ne prouve qu'ils soient anodins.

Les concentrations élevées en polluants trouvées dans la maison individuelle proviennent en grande partie de produits d'entretien et de nettoyage.

Connaître la composition des produits. Quelques repères.

Les éthers de glycol sont présents comme solvants dans les peintures à l'eau, les autres peintures utilisent des hydrocarbures dont une partie est aromatique. Ce qui revient à choisir entre la peste et le choléra ! Le formaldéhyde vient en particulier des panneaux de particules, des bois agglomérés bruts. C'est aussi un apprêt des tissus, un liant des colles... Recouvrez les panneaux bruts, bouchez les trous par lesquels le gaz s'échappe. À l'achat, préférez les agglos revêtus (voir QC n° 367). Les bois traités peuvent émettre des COV plusieurs annces. Préférez les essences qui ne nécessitent aucun traitement.

Bon à savoir.Les mentions «Ne pas utiliser dans un local fermé », « Ne pas inhaler les vapeurs » signalent la présence de solvants, qu'il s'agisse de dérivés d'hydrocarbures, d'aldéhydes, d'alcools, d'éthers ou de cétones. Préférez les produits étiquetés « Sans solvant ».

Allergènes

Le nombre d'asthmatiques est en constante augmentation. L'air intérieur est encore sur la sellette. Accusés: allergènes et bactéries.

SOURCES

Moisissures. Ces champignons microscopiques se développent dans une atmosphère ou sur un support humide. Sur les murs, toutes les taches colorées (grises, verdâtres ou noires) signalent leur présence. Parfois, ils sont invisibles, mais leurs spores n'en demeurent pas moins allergènes.

Acariens. Ces animaux microscopiques, invisibles à l'œil nu, grouillent dans les poussières. Chaleur + humidité + textiles en font des habitués des literies.

REMÈDES

Entretenir. La poussière se charge de substances allergènes. Nettoyez régulièrement. Passez faspirateur ou un chiffon humide. Évitez le plumeau ou le balai qui brasse les poussières et les remet en suspension. Le sol lisse lavable est préférable au revêtement textile qui stocke les poussières fines.

Assainir. Nettoyez les moisissures à l'eau de Javel. Pour une solution durable, il faut réduire le taux d'humidité de la pièce. Enlevez les moisissures des encadrements de fenêtres, leurs spores se libèrent dans l'air intérieur. Moisissures sur les parois, condensation sur les vitrages ou murs humides témoignent toujours d'une ventilation insuffisante.

N'arrosez pas trop la terre des plantes vertes. Une terre mouillée favorise le développement de micro, organismes allergisants.

Réduire l'humidité. Le taux d'humidité doit être inférieur à 70 %. Une forte humidité (70 à 80 %) favorise le développement des acariens, surtout si elle est associée à une température élevée (22 °C ou plus). Mieux vaut chauffer peu mais en continu.

Gaz indésirables

Irritants et allergisants quand il s'agit des oxydes d'azote, dangereux au point de tuer quand il est question du monoxyde de carbone, les gaz doivent être surveillés de près.

SOURCES

Monoxyde de carbone (CO).

C'est un gaz toxique, d'autant plus dangereux qu'il est incolore et inodore, donc indécelable. Il provoque maux de tête nausées, états dépressifs, vertiges ét en cas d'intoxication aiguë, coma puis décès. La plupart des cas dramatiques proviennent d'un mauvais fonctionnement du poêle à pétrole, du chauffe-eau ou de la chaudière, qu'elle marche au gaz, au fioul, au bois ou au charbon. Quand la combustion se fait mal et si le conduit est obstrué, le CO est refoulé dans la pièce au lieu d'être évacué (QC n° 356).

Dioxyde d'azote (NO2).

Il provient surtout des appareils de cuisson au gaz. Dans des cuisines mal aérées, on peut avoir des pics de pollution par le dioxyde d'azote quand les aliments cuisent. Une récente étude menée par des chercheurs de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de Montpellier (34) montre que l'utilisation des brûleurs gaz pour la cuisson est le facteur le plus important d'exposition au NO2 dans l'habitat.

REMÈDES

Surveiller.

Gare aux chauffe-eau non raccordés à un conduit d'évacuation. Ils sont conçus pour fonctionner quelques minutes, pas plus. Au-delà, le monoxyde de carbone s'accumule dans la pièce. Ces appareils sont désormais interdits.

Les garages attenants aux cuisines ou aux arrières cuisines dans les pavillons présentent un risque d'émanations de CO. Ne laissez jamais le moteur tourner porte du garage fermée. Attention aussi aux poêles à pétrole qui dégagent des oxydes d'azote.

Entretenir.

Les conduits d'évacuation doivent être ramonés, les appareils de chauffage et de production d'eau chaude entretenus par un professionnel.

Prévenir.

Le fonctionnement de la hotte accélère lélimination du dioxyde d'azote qui se dégage lors de la combustion. Se contenter d'ouvrir la fenêtre quand la gazinière est allumée est moins efficace. Vérifiez le réglage de la rdamrne. Jaune, elle signale un mauvais fonctionnement.

Atmosphère confinée

Les polluants et les allergènes s'accumulent dans une atmosphère confinée. I1 faut renouveler l'air pour éviter une forte concentration.

SOURCES

Le renforcement de l'isolation a conduit à colmater les fissures, doubler les vitrages, rajouter des joints aux portes et aux fenêtres, réduisant d'autant la circulation de l'air. Sans ventilation mécanique efficace, I'atmosphère est trop confinée.

Dans l'idéal, l'air extérieur doit rentrer dans les pièces à vivre, l'air vicié ressortir par les pièces de service.

REMÈDES

Colmater les bouches d'aération est une grave erreur. I1 faut laisser l'air neuf entrer par celles du bas et l'air vicié ressortir par celles du haut. La ventilation mécanique contrôlée (VMC) est une bonne solution si elle est bien réglée. Ne la coupez pas. Ouvrir les fenêtres plusieurs fois par jour reste un conseil valable.

Elisabeth Chesnais


Faites le ménage dans vos produits !

Les produits d'entretien ménager ne sont soumis à aucune réglementation. Nous utilisons tous les jours des substances qui sont interdites en agriculture et dans certains pays.

Insecticide loué pour son efficacité, le lindane est interdit en agriculture depuis 1998. Une décision prise en raison de sa toxicité et de sa persistance. Le dossier à charge était particulièrement lourd. Il s'accumule dans les graisses et y reste stocké pendant des années. Le lindane est toxique pour le foie, le sang et le système nerveux quel que soit le mode d'exposition (inhalation, contact avec la peau ou ingestion). Or, malgré ce risque reconnu, le lindane reste en vente libre dans les rayons droguerie et les pharmacies. Les parents l'utilisent sur la tête de leurs enfants par le biais de lotions antipoux, des insecticides à usage ménager en contiennent 20 %. Incroyable mais vrai. Pis, cet état de fait concerne de nombreuses substances dangereuses dont l'usage est très encadré en milieu professionnel et en agriculture.

Vide juridique

Cette étrange situation, préoccupante en termes de santé publique, tient à un vide juridique. Les molécules destinées à l'agriculture sont soumises à une procédure d'homologation, elles nécessitent une autorisation de mise sur le marché. Mais quand ces mêmes substances sont destinées au grand public et à l'habitation, elles ne sont plus soumises à rien. Pas de procédure d'homologation, pas d'autorisation de mise sur le marché, tout est permis. Seule une obligation d'étiquetage du risque (un pictogramme de danger) est imposée.

Pour mettre de l'ordre sur ce marché anarchique et sans contrôle, l'Union européenne a adopté une directive biocides. En gros, il s'agit de reconsidérer toutes les substances destinées à tuer insectes, bactéries ou à en protéger les habitations. Produits de traitement du bois, aérosols ménagers, produits insecticides, désodorisants sont concernés. Il s'agit notamment de réglementer les pesticides lorsqu'ils sont utilisés ailleurs qu'en usage agricole. Les fabricants devront présenter un dossier d'homologation. Compte tenu de la sévérité des critères, toxicité et impact sur l'environnement limités, un certain nombre de substances actuellement sur le marché seront recalées. Celles qui sont classées toxiques, cancérogènes de catégorie 1 ou 2, mutagènes ou toxiques pour la reproduction devraient être interdites. Mais cette protection des consommateurs ne sera effective qu'en... 2004 !

D'ici là, tout est encore permis. Méfiance donc. Ci joint quelques biocides d'usage très courant qui méritent selon nous d'être éliminés de vos intérieurs.

Nous l'avons constaté en parcourant les rayons des grandes surfaces, la composition reste absente de nombreux produits à usage ménager, notamment des désodorisants. Dans le doute, en attendant que les fabricants se décident à indiquer ce qu'ils utilisent sur les emballages, nous vous déconseillons vivement l'achat de ces produits.

 

Principales substances à éviter

Lindane

Il est toujours présent dans des insecticides et des lotions antipoux. Nous l'avons trouvé à une concentration de 20 % dans la boîte fumigène insecticide Kapo, un produit grand public destiné aux habitations.

Dichlorvos

C'est un des insecticides les plus répandus en usage ménager. On le trouve aussi bien en aérosol qu'en plaquette antimouches, moustiques... ou en diffuseur à brancher sur une prise électrique. Cet organophosphoré classé toxique par contact et par ingestion en agriculture est également classé toxique pour la reproduction par l'État de Californie.

Chlorpyrifos

Cet insecticide organophosphoré est classé toxique et dangereux pour l'environnement. Comme tous les organophosphorés, il affecte le système nerveux. I1 vient d'être retiré du marché grand public aux États-Unis. Pour l'Agence américaine de l'environnement, les concentrations retrouvées n'offraient pas une marge de sécurité suffisante vis-à-vis de la santé des enfants. Outre-Atlantique, il est désormais interdit d'utiliser des traitements contre les termites à base de chlorpyrifos. Interdits aussi, les aérosols insecticides, les colliers pour chiens et chats et les produits pour jardin qui en contiennent. Rien de tel en France, le chlorpyrifos reste utilisé contre les termites et comme insecticide. Nos confrères allemands de Stiftung Warentest ont trouvé des concentrations élevées de chlorpyrifos en analysant de la poussière de maison.

Paradichlorobenzène

Très irritant pour la gorge, il est cancérogène avéré chez l'animal. C'est le constituant de la plupart des boules et des plaquettes antimites, de désinfectants pour WC, de désodorisants. L'Agence américaine de l'environnement recommande de ne pas utiliser ce produit dans les pièces habitées.

Perméthrine

« La perméthrine attaque le système nerveux. On ressent des picotements au niveau des extrémités, elle provoque des vertiges, des insomnies. C'est une substance très nocive si on la respire. » Au Luxembourg, le Dr Wampach la rencontre souvent dans les intérieurs pollués. Cet insecticide provient souvent des moquettes et tapis où il est utilisé comme antimites. Certains fabricants garantissent même que la laine a été traitée à la perméthrine, considérant que c'est un gage de qualité. La perméthrine se retrouve comme substance active dans de très nombreuses bombes aérosols antiinsectes. À utiliser avec parcimonie.

Benzoate de benzyl

Ce composant est utilisé dans certains produits antiacariens pour tapis et moquettes. Ces formulations ont été retirées du marché américain en juin 2000, des centaines d'utilisateurs ayant été atteints de crises d'asthme, d'irritations de la peau ou de problèmes respiratoires après les avoir utilisés.

Endosulfan

Utilisé contre les parasites, l 'endosulfan est un insecticide classé toxique et dangereux pour l'environnement. Autorisé en France, son usage est interdit en usage agricole dans plusieurs pays européens, au Danemark, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède. L'utilisation domestique de ce pesticide concerne principalement les produits de traitement du bois.

Elisabeth Chesnais


Gare aux diffuseurs électriques

Une heure après s'être attablé dans un restaurant de Floride, un homme de 40 ans est pris d'un mal de tête insupportable, il éprouve des difficultés à respirer. Quelques jours plus tard, un autre client de ce même restaurant est atteint de rougeurs, de brûlures à l'eil. L'enquête met en cause le diffuseur automatique anti-insectes branché dans la salle de restaurant. Il fonctionne à base de butoxyde, de piperonyl et de pyréthrine. Près d'une centaine de cas ont été recensés aux États-Unis. Heureusement les quantités émises sont moindres avec les diffuseurs domestiques mais les matières actives peuvent être les mêmes !


Ne faites pas feu de tout bois !

Le traitement du bois a eu recours à des substances classées parmi les plus toxiques. Le PCP (pentachlorophénol) n'est plus utilisé, le lindane non plus. Des bois enduits il y a dix ans peuvent néanmoins continuer à émettre. Autre produit très toxique, la créosote. Ce composé de goudrons est utilisé professionnellement, il traite en particulier les poteaux EDF, de France Télécom, les traverses de chemin de fer. A priori, les particuliers ne sont pas concernés. Si ce n'est que la récupération est un sport national ! Et les poteaux en tous genres reconvertis en usage domestique, tronçonnés pour faire un bon feu ou un barbecue sont monnaie courante. Attention ! en les manipulant et pis encore en les brûlant, vous respirez des émanations très toxiques. La créosote est interdit dans plusieurs pays européens, pas en France.


Au Luxembourg, une question de santé publique

Luxembourg. 400 000 habitants, 5 200 km2. Le Dr Joseph Wampach y parcourt... 35 000 km par an. Objectif, découvrir si les rhumes à répétition des enfants, les crises d'asthme, la toux chronique ou les douleurs abdominales des malades sont liés à leur logement. Sur les 400 visites effectuées chaque année, l'habitation est en cause trois fois sur quatre. Premier ennemi, le formaldéhyde. Les symptômes sont toujours les mêmes: nez qui coule, yeux rouges, toux qui n'en finit pas. Depuis sept ans qu'il analyse les logements luxembourgeois, le Dr Wampach connaît le coupable: les panneaux de particules. « Les émissions du mobilier peuvent durer 15 ans. Heureusement, I'état de santé s'améliore de façon spectaculaire dès qu'on les supprime. Les enfants guérissent en une semaine. » Autre souci majeur, les produits de traitement du bois, PCP et lindane. Système immunitaire déprimé, chute de cheveux, douleurs abdominales, dépressions: c'est parfois eux. « Le PCP, le lindane sont inhalés et passent à travers la peau. Ils se retrouvent dans.le sang et se fixent pour des années dans le tissu adipeux. » Quant aux crises d'asthme, aux ventres ballonnés et autres problèmes digestifs, ils peuvent avoir pour origine... Ies moisissures. « C'est un problème que l'on rencontre dans les maisons très récentes où les matériaux n'ont pas eu le temps de sécher et dans les logements anciens. Parfois, on ne voit pas la moindre trace mais l'analyse révèle des concentrations de spores très élevoes dans l'air. » Au Luxembourg, ce service de médecine environnementale se déplace sur simple appel. Financé par le ministère de la Santé, il est entièrement gratuit pour les particuliers. En France, le terme de « médecine environnementale » reste pour l'instant une incongruité.

Vous pouvez faire des analyses chez vous. Pour celà contactez "Que Choisir" , fax 0143484435 ou remplissez le bulletin de la page 19 de leur numéro 378 de janvier. Offre valable jusqu'au 30 avril 2001

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