Lu dans "Le Quotidien du Pharmacien" N° 2055 du lundi 13 mai 2002

Moins d'allergies dans la maison

 

Une maison moins allergisante, c'est possible, notamment en abaissant le taux d'humidité. Architectes et médecins commencent à prendre conscience des liens entre habitat et santé.

Les maladies liées aux allergies sont en pleine explosion. En l'espace de trente ans, leur fréquence a quasiment augmenté de 50 %. Aujourd'hui, on estime à 5-6 % le nombre de personnes souffrant d'asthme, à 20 % celui des patients atteints de rhinites allergiques. En cause dans cette inquiétante progression : pollution, mode de vie, alimentation... Réunis à Lille pour les Journées nationales de la Société française d'allergologie et d'immunologie clinique, 700 spécialistes se sont interrogés sur l'impact de l'environnement et en particulier le lien entre concepts architecturaux et allergies. Existet-il une maison idéale pour réduire les risques allergéniques ? Quelques études menées dans ce domaine apportent un début de réponse, en montrant par exemple le lien entre humidité ambiante et nombre d'acariens. En faisant chuter à 35 % le taux d'humidité relative de l'air durant 16 à 20 heures, on réduit du même coup le nombre d'acariens de 97 %. « De nombreux travaux montrent l'intérêt d'une ventilation mécanique, et son action sur la concentration d'allergènes, souligne Frédérique de Blay, professeur de pneumologie au CHU de Strasbourg. Le débit de ventilation est fonction de la superficie du logement et du nombre d'occupants. Les meilleurs résultats sont obtenus en associant déshumidification et climatisation. Si l'on parvient à faire baisser le taux d'humidité relative sous le seuil de 50 %, on obtient une efficacité réelle sur le nombre d'acariens. » Certaines configurations de logement favorisent la présence d'allergènes : le double vitrage et l'isolation des murs, un sol en béton dans les chambres, la présence de chambres et sanitaires au rez-de-chaussée. La moquette, à elle seule, multiplie par sept le taux d'acariens... La configuration la plus défavorable est sans conteste l'association d'une ventilation faible, une moquette au sol et un chat au domicile !

Autre facteur de risque relevé par les chercheurs : les polluants chimiques. Des études ont montré que les émanations de dioxyde d'azote provenant des cuisinières, poêles à bois et autres foyers ouverts peuvent augmenter la prévalence de l'asthme chez l'enfant. De même, les formols contenus dans les colles de moquettes et carrelages et les meubles en fibre de bois aggloméré peuvent provoquer une hyperréactivité bronchique.

Le lien habitat-santé

Dans ce domaine, la prise de conscience des architectes et des médecins sur le lien habitat-santé est encore récente. D'après une étude réalisée dans le Bas-Rhin auprès de 1 120 architectes, 50 % d'entre eux affirment 1 choisir les matériaux de construction en fonction de leur caractère peu polluant, 87 % proposent à leur clients une ventilation mécanique centralisée et 89 % souhaitent un partenariat avec les fabricants pour mieux connaître les composants intervenant dans les produits de construction. De même, 78 % d'entre eux souhaitent travailler en lien avec les médecins, la réciproque étant moins vraie (64 % de médecins favorables).

Florence QUILLE

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