Communiqué de l'AFP du 10 juillet 2001

France: un observatoire pour analyser la qualité de l'air intérieur mardi 10 juillet 2001 - 14h26 heure de Paris

PARIS (AFP) - Les pouvoirs publics ont lancé mardi le premier "Observatoire" chargé d'étudier l'air à l'intérieur des bâtiments, afin de mesurer ses incidences sur la santé, notamment celle des citadins qui vivent enfermés 22H sur 24H.

Inauguré officiellement à Marne-la-Vallée par la secrétaire d'Etat au Logement Marie-Noëlle Lienemann, cet "Observatoire de la qualité de l'air intérieur" veut s'attaquer à un type de pollution souvent négligé par rapport à celle de l'air extérieur.

Créé l'initiative du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), l'observatoire est chargé de réaliser des collectes de données, à l'échelle nationale, sur les polluants de l'air dans les différents lieux de vie.

Sa mission est de mieux connaître la pollution à l'intérieur, d'évaluer ses dangers et de rechercher des solutions pour prévenir certaines manifestations de cette pollution, indiquent les scientifiques.Depuis plusieurs années, les scientifiques notent l'apparition de différents symptômes liés à des polluants à l'intérieur des bâtiments, au confinement dans des lieux clos, comme des irritations de la peau, des allergies de type asthmatiques, des affections respiratoires, des cancers de la peau...La pollution liée à l'air intérieur a été parfois négligée, car moins spectaculaire que la pollution atmosphérique et de nombreux efforts se sont concentrés sur la qualité de l'air extérieur.Pourtant cette pollution intérieure, révélée notamment à l'occasion du drame créé par l'amiante ou par la présence de plomb dans les peintures entraînant des maladies irréversibles pour les enfants, est devenue un nouveau risque majeur pour la santé des habitants.

Certains scientifiques estiment même que la politique de maîtrise de l'énergie a pu, en améliorant l'isolation des matériaux et en réduisant la ventilation, avoir une incidence négative sur la qualité de l'air intérieur. Des chercheurs ont également accusé des nouveaux matériaux décoratifs comme les moquettes, linoléum, revêtements en bois, d'être des propagateurs de pollution.

Ce souci de la qualité de l'air intérieur a été illustré fin mai par un rapport parlementaire mettant à jour la faiblesse du système de surveillance de l'air intérieur qui est parfois une véritable "soupe", un "cocktail de substances venues de l'extérieur".

Pour éviter que les questions de santé soient traitées dans l'urgence, l'objectif de cet observatoire, selon ses initiateurs, est "de s'engager dans une politique d'anticipation des risques".Concrètement la création de cet organisme va se traduire par la mise en place, au niveau national, d'un dispositif de collecte de polluants et d'analyse sur le degré d'exposition de la population.Une trentaine de substances cibles vont être étudiées et des prélêvements seront réalisés puis transmis à des laboratoires spécialisés.

Des campagnes nationales de mesures (prélèvements d'air) et de recueil d'informations (caractéristiques des bâtiments, comportements des occupants) vont être organisées à raison de 800 lieux de vie par an, a indiqué le CSTB.

La première campagne d'enquête sera réalisée dans des logements et des écoles. Pour 2002, l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur disposera d'un budget de 23 MF (3,5 millions d'euros), abondé par le ministère de l'Equipement, des Transports et du Logement, ceux de l'aménagement du territoire et de la Santé ainsi que par le CSTB.

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